Perte d’autonomie : comment la repérer et l’anticiper ?

Pour préserver la qualité de vie de votre proche… et la vôtre.

Avec les années ou après une maladie, un·e proche peut commencer à avoir besoin d’aide pour les gestes du quotidien, la gestion de sa santé ou certaines décisions importantes. Alors comment repérer les premiers signes de perte d’autonomie et l’accompagner sans imposer ? On a demandé aux Freds leurs retours d’expériences pour agir au bon moment, avec respect et bienveillance.

Les signaux faibles : quand faut-il s’interroger ?

La perte d’autonomie s’installe rarement brutalement. Elle apparaît souvent à travers des évolutions progressives, presque imperceptibles au départ. Pris isolément, ces changements peuvent sembler anodins. C’est leur accumulation qui doit vous mettre la puce à l’oreille.

Les premiers signes concernent souvent les gestes du quotidien : par exemple une difficulté à se lever d’un fauteuil, une toilette moins régulière ou encore des repas sautés ou des courses repoussées. Ce ne sont pas nécessairement des signes de négligence, mais parfois l’expression d’une fatigue persistante, d’une perte de force ou d’un équilibre plus fragile. L’instabilité à la marche est aussi un signal : hésitations, appui sur les meubles, peur de tomber, limitation des sorties. Fanfan nous confie : “Maman disait que ça allait, mais je voyais bien qu’elle s’agrippait aux murs.”

En parallèle, des troubles de la mémoire ou de l’orientation peuvent également apparaître. Rendez-vous oubliés, questions répétées, difficultés à suivre une conversation ou à gérer les papiers administratifs… sont autant d’indicateurs révélateurs.

Enfin, une perte de poids inexpliquée, un repli sur soi ou une humeur inhabituelle (irritabilité, anxiété, apathie) peuvent compléter le tableau.

Des doutes apparaissent dans le comportement de votre proche ? Le·la médecin traitant constitue souvent le premier repère. Il•elle peut proposer une évaluation globale de la situation, rechercher d’éventuelles causes médicales et orienter vers des spécialistes si nécessaire. Cet échange permet aussi de poser les bases d’un accompagnement coordonné. Christèle raconte combien cette démarche a été structurante : “J’ai pris contact dès que j’ai senti que la situation évoluait. Le temps que les démarches administratives pour les aides se mettent en place, c’était finalement le bon moment.”

À noter qu’autour du médecin, d’autres interlocuteur·trices comme les CCAS, CLIC ou les assistants sociaux peuvent relayer l’accompagnement : Thérèse explique sa propre anticipation : “Mon mari commence à avoir des troubles cognitifs. J’ai pris rendez-vous avec une assistante sociale pour savoir quoi faire si son état s’aggrave. Lui est dans le déni… et moi j’ai aussi mes propres soucis de santé, alors je préfère prévoir.”

Engager ces démarches ne signifie pas que la situation est déjà grave. Elles permettent au contraire d’objectiver les difficultés et de mieux comprendre où en est réellement la personne

Ce qui peut vous être également utile pour un premier état des lieux : le questionnaire d’Essentiel Autonomie pour calculer le GIR (degré d’autonomie) de la personne concernée. À l’issue de cette évaluation, la personne est classée dans un niveau allant de GIR 6 (autonome) à GIR 1 (très dépendante), ce qui permet d’adapter l’accompagnement et d’ouvrir droit à certaines aides. 

Pourquoi y être attentif•ve assez tôt change la donne ?

“Je n’ai pas assez vu les choses venir et, en deux mois, la situation de ma sœur s’est détériorée. Elle a dû être hospitalisée.” Comme en témoigne Nathan, attendre que la situation se dégrade peut exposer à des évènements plus graves tels qu’une chute ou une hospitalisation.

À l’inverse, plus la réflexion s’engage tôt, plus les marges de manœuvre sont importantes sur divers aspects :

  • Adapter un logement, par exemple, ne se fait pas du jour au lendemain. Installer des barres d’appui, réorganiser les espaces, prévoir un lit médicalisé ou un fauteuil releveur suppose des devis, des délais, parfois des recherches de financement. Lorsque ces démarches sont anticipées, les choix restent ouverts. Dans l’urgence, les solutions disponibles ne sont pas toujours les plus adaptées à votre proche.

  • La même logique vaut pour les aides financières. APA, aides des caisses de retraite, dispositifs fiscaux : les dossiers demandent du temps et dépendent du niveau de dépendance comme des ressources. Anticiper permet d’éviter des périodes sans soutien. À ce sujet, notre article dédié juste ici détaille ces démarches et leurs temporalités.
  • Enfin, l’anticipation protège non seulement la personne aidée, mais aussi les proches. Gyanamata raconte : Avec ma sœur, on n’était d’accord sur rien au sujet de Papa, et on n’a pas vraiment eu le temps d’en discuter parce que tout s’est fait dans la précipitation. Ça a dégradé notre relation” Lorsque les décisions sont prises sous pression, les tensions familiales s’accentuent. Engager la discussion en amont permet de rester dans une dynamique de dialogue et de construction commune.

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Aborder le sujet en douceur avec son proche

Pour une personne en perte d’autonomie, il ne s’agit pas seulement de soins ou d’organisation : préserver son identité, sa dignité et son contrôle sur le quotidien prime souvent sur les aspects financiers ou pratiques. Plusieurs bonnes pratiques se dégagent du côté des Freds pour accompagner sans imposer :

  • Faire avecplutôt que faire à la place. Il est important de continuer à associer votre proche aux tâches du quotidien, même partiellement. Cela contribue à maintenir ses capacités physiques et cognitives, ainsi que son estime de soi. Fanny raconte son approche progressive avec sa mère de 84 ans : Pour la voiture, je n’y suis pas allée frontalement. Je posais congé pour l’emmener en disant que j’avais de toute façon des choses à faire. Sa voiture reste au garage 90 % du temps, mais elle a encore le sentiment de pouvoir l’utiliser. L’objectif, c’est qu’elle ne la prenne plus d’elle-même.

  • Bien choisir vos mots. Le vocabulaire joue un rôle clé. Marie, aide à domicile, explique : J’ai une personne de 90 ans avec des problèmes cognitifs qui urine partout dans la maison. Je lui ai acheté des culottes jetables, mais je n’utilise jamais le mot “protection”, sinon elle se bloque.” Fanny illustre cette stratégie avec sa mère : Pour l’incontinence, j’ai acheté des couches, mais je lui ai dit que c’étaient des serviettes hygiéniques épaisses pour moi. Un jour, je lui en ai proposé une, sortie de son emballage pour éviter le mot “couches”. Ça a parfaitement marché.

  • Respecter l’intimité. Proposer votre présence lors d’un rendez-vous médical plutôt que de l'imposer, demander si un coup de main pour la vaisselle serait utile plutôt que de commencer spontanément… Ces gestes peuvent sembler mineurs, mais ils préservent le sentiment de contrôle et la dignité de votre proche.

Commencer à réfléchir à des ajustements

​​L’idée ? Anticiper doucement la mise en place d’un système de soutien qui protège votre proche tout en empiétant le moins possible sur sa routine : déplacements, repas, soins corporels, soutien administratif… 

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une multitude de solutions et de professionnel·les pour chacun de ces aspects. On vous en parle plus en détail dans nos articles dédiés :

On a aussi créé deux parcours d’accompagnement gratuits en ligne qui pourraient vous être utiles :

  • Adapter le quotidien à domicile : pour identifier les dispositifs pratiques (repas, toilette, déplacements…) et adapter l’environnement aux besoins de votre proche ou aux vôtres. En savoir plus ici.
  • Trouver un lieu de vie adapté : pour y voir plus clair parmi les options de logement et les aides financières selon le niveau d’autonomie. En savoir plus ici.

Enfin, n’hésitez pas à en parler autour de vous. Groupes de parole, associations ou lignes d’écoute peuvent apporter un soutien précieux dans ces moments. Là aussi, on vous propose trois idées pour trouver un appui facilement, où que vous soyez.

Bon à savoir !

Pour aller plus loin 

Apprendre à aider, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Des formations gratuites et en ligne existent pour vous donner des coups de pouce. On en parle juste là.

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