Conflits entre proches : et si la médiation vous aidait à retrouver un équilibre ?

Des témoignages et des expertises pour éclairer le quotidien.

Dialogues coupés, incompréhensions, impression de stagner… ça vous parle ? En tant qu’aidant·e on peut se sentir isolé•e face à son proche en perte d’autonomie ou dans les échanges avec la famille ou l’entourage. La médiation permet de recréer du dialogue et de trouver ensemble des solutions, comme le racontent les Freds de la communauté.

À partir de quand envisager une médiation ? 

Pas besoin d’attendre qu’une situation soit explosive pour commencer à y réfléchir. Parfois, les signaux sont plus subtils : des discussions qui tournent court, des décisions reportées, une fatigue qui s’accumule. Chacun·e agit avec de bonnes intentions… et pourtant, trouver des accords semble compliqué. Qu’il s’agisse :
 

  • De l’organisation du quotidien. Maintenir son parent à domicile ou envisager une entrée en établissement ? Faire intervenir des aides extérieures, au risque qu’il ou elle le vive comme une intrusion ? Parfois, notre proche refuse la prise en charge proposée, minimisant ses difficultés, tandis que de l’autre côté on redoute un accident. Résultat : on peut se sentir pris·e entre respect de sa volonté et souci de sa sécurité.

  • Des questions financières. La répartition des frais d’accompagnement, l’obligation alimentaire ou l’anticipation de la succession réveillent parfois des blessures anciennes. Claire en témoigne : On parlait du financement de l’EHPAD avec ma soeur… et très vite, on a reparlé de l’héritage, de ce que nos parents avaient fait pour l’une ou l’autre. Ce n’était plus seulement une question d’argent, c’était toute notre histoire qui remontait.

  • De la charge mentale. Annick, après l’AVC de sa mère, explique : Comme j’habitais à côté, tout reposait sur moi. Mes frères pensaient que j’exagérais. Moi, j’avais l’impression d’étouffer. On ne parlait plus vraiment, on se reprochait des choses à demi-mot.

Dans ce type de situations, la première ressource reste toujours la discussion. Des outils comme la Communication Non Violente permettent d’exprimer vos besoins sans accusation et d’écouter sans vous sentir attaqué·e. Mais il arrive aussi que, malgré une volonté de bien faire, les échanges tournent au vinaigre et installent une forme d’immobilisme. C’est là qu’un tiers extérieur peut apparaître comme judicieux. Non pas pour décider à votre place, mais pour redonner au dialogue un cadre apaisé et structurant.

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Un tiers pour rééquilibrer la parole : la force d’un regard neutre

La médiation familiale repose sur un principe simple : offrir un espace sécurisé, animé par un•e professionnel•e indépendant•e, qui ne prend pas parti.

Le médiateur ou la médiatrice n’est ni juge, ni arbitre. Sa mission consiste à permettre à chacun•e d’exprimer ses besoins, d’entendre ceux des autres et de rechercher ensemble des solutions concrètes.

Plus concrètement : 

  • Solliciter une personne médiatrice peut d’abord permettre de restaurer le dialogue grâce à un cadre où chacun•e dispose d’un temps de parole équitable, sans interruption. Ce simple rééquilibrage change souvent la dynamique. Serena, qui accompagne son fils en situation de handicap, raconte : J’avais l’impression qu’il ne voyait pas tout ce que je faisais pour lui. Je lui parlais, mais il se braquait. En médiation, j’ai pu dire ma fatigue sans qu’il se sente attaqué. Lui a pu dire qu’il se sentait infantilisé. On ne s’était jamais vraiment écoutés comme ça.

  • Cela permet également de gérer les conflits liés aux décisions concrètes : la personne médiatrice aide à clarifier les enjeux et à distinguer les faits des ressentis. Michel, confronté à la question de l’EHPAD pour son épouse, explique : À la maison, on parlait toujours du même point : est-ce qu’elle allait se sentir abandonnée ? En médiation, on a aussi parlé de ma fatigue, de mes limites physiques. Ce n’était plus un débat pour ou contre l’EHPAD, c’était une réflexion sur ce qui était le plus sécurisant pour nous deux.” Comme il le souligne, au-delà du conflit immédiat, la médiation vise à co-construire des solutions personnalisées. Il ne s’agit pas d’appliquer une réponse standard, mais d’adapter les décisions à la réalité de votre proche, à vos contraintes et à vos capacités respectives.


  • Enfin, elle contribue aussi à préserver le lien familial en facilitant l’abord de sujets sensibles (voire parfois tabous) comme par exemple la protection juridique ou le déménagement en établissement. En effet, certain·es proches n’osent pas évoquer leurs peurs par crainte d’inquiéter ou de blesser. Gisèle confie : “Je voulais parler de la maison de retraite avec mon père, mais j’avais peur qu’il pense que je voulais me débarrasser de lui. En médiation, j’ai pu dire que c’était justement parce que je tenais à lui que je voulais anticiper.”

Un chiffre encourageant vient d’ailleurs appuyer cette dynamique : une expérimentation menée par l’Unaf et la CNSA a montré que 74 % des familles constatent un apaisement des conflits après une médiation. Plutôt encourageant, non ?

Côté pratique, comment cela se passe ?

La médiation familiale s’organise en plusieurs étapes : 

  • Tout d’abord, un entretien préalable. L’idée ? Faire connaissance, comprendre votre situation et vérifier que la médiation correspond bien à vos besoins. C’est aussi un espace pour poser vos questions. Marc, qui accompagne son épouse atteinte d’une maladie neurodégénérative, se souvient : “Rien que ce premier rendez-vous m’a soulagé. Je ne savais pas encore si mes enfants accepteraient la médiation, et les réponses à leurs questions par la médiatrice les a rassurés.” À noter que ce premier entretien est normalement gratuit.

  • Viennent ensuite les séances de médiation en tant que telles. Plusieurs rencontres sont proposées, individuelles puis collectives, toujours sur la base du volontariat. Chaque séance dure environ 1h à 1h30. L’occasion pour vous et votre entourage d’exprimer besoins, inquiétudes, limites, propositions.

  • Au fil des échanges, des pistes concrètes émergent. À l’issue du processus, vous définissez ensemble des modalités d’organisation claires. Si vous le souhaitez, ces accords peuvent être formalisés par écrit.

Pour trouver une personne médiatrice, plusieurs options s’offrent à vous : 

  • En faisant appel aux associations conventionnées avec la Caf ou la MSA (dont la tarification est adaptée aux revenus). Vous pouvez jeter un coup d'œil ici ou pour en savoir plus.

Ou par le biais d’une personne médiatrice diplômée d’État exerçant en libérale. L’Association Pour la Médiation Familiale propose un annuaire pour trouver un professionnel près de chez vous. C’est juste là pour le découvrir (puis en indiquant votre ville dans la barre de recherche).

Bon à savoir !

  • Les CCAS et mairies peuvent également vous orienter vers des organismes de médiation.
  • Pour vous donner un ordre d’idée, le coût moyen est d’environ 15 € par personne (ajusté selon les ressources). Certaines caisses de retraite peuvent participer au financement donc n’hésitez pas à vous renseigner auprès de la vôtre.

Pour aller plus loin 

On vous propose de visionner cette vidéo. Elle présente le dispositif de médiation entre aidants et aidés, développé par le réseau Unaf‑Udaf et met en lumière, à travers des exemples concrets, comment cette approche peut aider à renouer le dialogue.

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